Entreprise Paie Le bulletin expliqué ligne par ligne

Heures supplémentaires payées au-delà de 35 h : 25 %, 50 % et repos à vérifier

Lire un bulletin Par Nadia Berthelot Mis à jour le 16 septembre 2026
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Les heures supplémentaires sont rémunérées au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine, sauf organisation particulière prévue par accord. Pour lire une fiche de paie sans erreur, il faut surtout savoir quelles heures comptent, quel taux de majoration s’applique et si une partie peut être remplacée par du repos.

À partir de quand une heure devient supplémentaire ?

Pour un salarié à temps plein, une heure supplémentaire correspond en principe à une heure de travail effectif accomplie au-delà de 35 heures par semaine. Le décompte se fait par semaine civile, pas seulement en additionnant les heures du mois. Ce point compte lorsqu’une semaine est à cheval sur deux mois, car la paie peut régulariser les heures le mois suivant selon l’organisation de l’entreprise.

Comment sont payés les heures supplémentaires : infographie des majorations à 25 % et 50 %
Comment sont payés les heures supplementaires : infographie des majorations à 25 % et 50 %

Ces heures doivent être réalisées à la demande de l’employeur, ou au moins avec son accord implicite lorsqu’il les connaît et les laisse se faire. Un salarié ne peut donc pas décider seul d’ajouter des heures pour les faire payer ensuite, sauf si la charge de travail imposée les rendait nécessaires.

Temps partiel, forfait jours : attention aux confusions

Les salariés à temps partiel ne réalisent pas des heures supplémentaires, mais des heures complémentaires, avec des règles propres. Les salariés au forfait jours, eux, ne sont pas payés à l’heure selon le même mécanisme : leur temps de travail est suivi en jours travaillés, dans le cadre prévu par leur convention de forfait. Avant tout calcul, il faut donc identifier le type de contrat et l’organisation du temps de travail applicable.

Quels taux de majoration s’appliquent sur le salaire brut ?

Les heures supplémentaires sont payées sur la base du taux horaire brut, augmenté d’une majoration. Un accord collectif d’entreprise, un accord de branche ou la convention collective peut fixer un taux spécifique, à condition de respecter un minimum de 10 %.

À défaut d’accord, les taux légaux s’appliquent : 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires, soit de la 36e à la 43e heure, puis 50 % à partir de la 44e heure.

Heures concernées Taux sans accord spécifique Exemple de lecture
36e à 43e heure +25 % Un taux brut de 15 € devient 18,75 €
À partir de la 44e heure +50 % Un taux brut de 15 € devient 22,50 €
Accord collectif applicable Minimum +10 % Le taux prévu par l’accord prime s’il respecte le minimum

Exemple simple : un salarié payé 15 € brut de l’heure travaille 39 heures sur une semaine. Il effectue 4 heures supplémentaires, toutes majorées à 25 % en l’absence d’accord différent. Chaque heure vaut donc 18,75 € brut, soit 75 € brut pour ces 4 heures.

Paiement ou repos : les deux formes de compensation

Les heures supplémentaires ne se traduisent pas toujours uniquement par une ligne de salaire en plus. Elles peuvent aussi être compensées par du repos, selon les règles prévues dans l’entreprise. Le point clé est de vérifier si l’entreprise applique un repos compensateur ou un paiement classique.

Le repos compensateur de remplacement

Le repos compensateur de remplacement peut remplacer tout ou partie du paiement des heures supplémentaires et de leur majoration. Par exemple, une heure supplémentaire majorée à 25 % peut donner lieu à un repos équivalent à 1 h 15 si le dispositif le prévoit. Ce remplacement doit être encadré par un accord ou par les règles applicables dans l’entreprise ; il ne s’agit pas d’un simple arrangement informel.

La contrepartie obligatoire en repos au-delà du contingent

Les heures supplémentaires sont aussi suivies dans un contingent annuel. À défaut d’accord, la référence couramment appliquée est de 220 heures par salarié et par an. Au-delà de ce contingent, une contrepartie obligatoire en repos s’ajoute aux majorations ou aux compensations prévues.

Cette contrepartie est de 50 % des heures accomplies au-delà du contingent dans les entreprises de 20 salariés au plus, et de 100 % dans les entreprises de plus de 20 salariés. Lorsque le droit au repos atteint 7 heures, il peut en pratique correspondre à une demi-journée ou à une journée selon l’organisation du travail.

Les limites et cas particuliers qui changent le décompte

Même si un salarié accepte de travailler davantage, l’entreprise doit respecter des plafonds. La durée maximale est en principe de 48 heures par semaine, avec une possibilité de monter à 60 heures par semaine en circonstances exceptionnelles. La moyenne ne doit pas dépasser 44 heures par semaine sur 12 semaines consécutives, sauf règles particulières autorisées.

La paie fonctionne par étapes : d’abord le temps de travail effectif, ensuite le seuil des 35 heures, puis les paliers de majoration, enfin le contingent annuel et les repos. Lire les heures dans cet ordre évite une erreur fréquente, à savoir croire qu’une ligne majorée règle tout alors qu’une même heure peut aussi consommer du contingent et ouvrir plus tard un droit à repos.

Jours fériés et congés payés

Un jour férié chômé n’est pas toujours compté comme du temps de travail effectif pour déclencher des heures supplémentaires, sauf disposition plus favorable. En revanche, si le jour férié est travaillé, les heures réellement effectuées entrent dans le décompte. Les congés payés obéissent aussi à des règles qui peuvent varier selon les accords : il faut donc vérifier la convention collective avant de conclure qu’une semaine avec congé génère automatiquement des heures supplémentaires.

Comment vérifier les heures supplémentaires sur la fiche de paie ?

Le bulletin de paie doit faire apparaître distinctement les heures supplémentaires, leur nombre et le taux de majoration appliqué. Les lignes doivent permettre de distinguer le salaire de base, les heures majorées à 25 %, celles à 50 % ou celles relevant d’un taux conventionnel. Cette lecture simple aide à repérer une erreur de calcul dès la réception du bulletin.

  • Vérifiez que le calcul est fait par semaine, surtout en fin de mois.
  • Comparez le taux horaire brut de base avec le taux majoré indiqué.
  • Contrôlez la convention collective ou l’accord d’entreprise si le taux n’est pas 25 % ou 50 %.
  • Demandez le suivi du contingent annuel si vous effectuez régulièrement des heures supplémentaires.
  • Repérez si certaines heures ont été remplacées par un repos compensateur.

En pratique, le paiement intervient avec le salaire du mois concerné ou au plus tard le mois suivant lorsque la paie est arrêtée avant la fin de la période. En cas d’écart, le premier réflexe consiste à demander le détail du décompte à l’employeur ou au service paie, puis à conserver plannings, relevés d’heures, mails ou validations permettant d’établir les heures réellement accomplies.