Prime d’ancienneté ECLAT : 2 points après 12 mois, puis une prime mensuelle proratisée
Dans la convention collective ECLAT, IDCC 1518, la prime d’ancienneté se calcule en points, puis se convertit en euros avec la valeur du point. Pour contrôler une paie ou paramétrer un bulletin, il faut surtout vérifier la date de départ, le nombre de points acquis et le prorata éventuel pour un temps partiel.
La règle de base dans la convention ECLAT
La prime d’ancienneté ECLAT est une prime conventionnelle. Elle s’applique aux salariés qui relèvent de cette convention, aussi connue sous la brochure 3246. Quand les conditions prévues sont remplies, elle s’impose à l’employeur.

Elle est versée mensuellement et s’exprime en points. Le salarié acquiert 2 points après 12 mois de travail effectif ou assimilé, puis la prime progresse de 2 points après chaque nouvelle période de 12 mois. Le montant obtenu est un montant brut, soumis aux règles habituelles de paie.
La formule pratique est simple : nombre de points d’ancienneté x valeur du point x taux d’activité. Le taux d’activité vaut 1 pour un temps plein. Il est réduit pour un salarié à temps partiel, ce qui diminue mécaniquement le montant versé.
Calculer le montant mensuel avec la valeur du point
La valeur du point transforme les points d’ancienneté en euros. Elle est fixée à 7,23 € brut au 1er janvier 2026. Si cette valeur change, il faut reprendre le calcul avec la nouvelle base applicable.
| Ancienneté acquise | Points d’ancienneté | Calcul à temps plein | Prime mensuelle brute |
|---|---|---|---|
| 1 an | 2 points | 2 x 7,23 € | 14,46 € |
| 3 ans | 6 points | 6 x 7,23 € | 43,38 € |
| 5 ans | 10 points | 10 x 7,23 € | 72,30 € |
| 9 ans | 16 points | 16 x 7,23 € | 115,68 € |
Il ne faut pas multiplier l’ancienneté en années par 2 sans vérifier les périodes complètes de 12 mois. Le droit s’apprécie par périodes acquises. Un salarié ayant 2 ans et 8 mois d’ancienneté a acquis 4 points, pas encore 6.
À partir de quand la prime est due ?
Le seuil des 12 mois
Le premier déclenchement intervient après 12 mois de travail effectif ou assimilé. Avant ce seuil, aucune prime d’ancienneté n’est due au titre de cette règle. Une fois les 12 mois atteints, le salarié obtient 2 points, puis 2 points supplémentaires après chaque nouvelle période annuelle complète.
En pratique, il faut partir de la date d’entrée retenue pour l’ancienneté conventionnelle, puis vérifier les périodes de 12 mois. Cette date peut être la date d’embauche, mais certaines situations exigent de regarder plus finement le contrat de travail, les avenants ou une reprise d’ancienneté prévue.
Travail effectif et périodes assimilées
La convention vise le travail effectif ou assimilé. Certaines absences ou périodes non travaillées peuvent donc compter dans l’ancienneté lorsqu’elles sont assimilées à du temps de travail pour ce droit. Pour sécuriser le calcul, il faut distinguer les absences qui n’interrompent que la présence physique de celles qui modifient l’ancienneté retenue.
La bonne méthode consiste à suivre une ligne chronologique claire : date d’entrée, suspensions éventuelles, périodes assimilées, reprise d’ancienneté, puis date anniversaire. Cette lecture évite les calculs approximatifs, surtout dans les structures associatives où les contrats peuvent être successifs ou modifiés au fil des saisons.
Temps partiel, reprise d’ancienneté et cas fréquents
La proratisation du temps partiel
Pour un salarié à temps partiel, la prime est proratisée selon la durée de travail. Exemple : un salarié ayant 5 ans d’ancienneté acquiert 10 points à temps plein, soit 72,30 € bruts mensuels avec une valeur du point de 7,23 €. S’il travaille 25 heures par semaine sur une base de 35 h, le calcul devient : 10 x 7,23 € x 25 / 35, soit 51,64 € bruts mensuels.
Autre exemple utile : avec 4 ans d’ancienneté, le salarié a 8 points. À 25 heures par semaine, la prime est de 8 x 7,23 € x 25 / 35, soit 41,31 € mensuels bruts. Le nombre de points dépend de l’ancienneté, puis le prorata ajuste le montant à la durée contractuelle.
La reprise d’ancienneté
Une reprise d’ancienneté peut être prévue selon le contrat, un avenant ou les règles conventionnelles applicables à la situation. Elle doit être traitée avec prudence, car elle peut modifier la date à partir de laquelle les points sont acquis. Si une reprise est mentionnée, elle doit entrer dans le calcul de départ, et pas seulement au moment d’un litige ou d’une régularisation.
Il est utile de lire cette prime comme un repère séparé dans la rémunération. Elle distingue ce qui relève du salaire de base, de la classification, des compléments liés au poste et de la fidélité conventionnelle. Quand tout est fusionné dans une rémunération globale, l’erreur devient difficile à voir. En isolant l’ancienneté, on vérifie plus facilement si le salarié est payé pour son emploi, son temps de travail et son parcours dans la structure.
Bulletin de paie : les contrôles à effectuer
La prime d’ancienneté doit apparaître de façon distincte sur le bulletin de paie. Cette ligne séparée permet au salarié de vérifier le nombre de points, le montant appliqué et, le cas échéant, le prorata lié au temps partiel. Pour l’employeur ou le gestionnaire de paie, c’est aussi une façon de sécuriser la conformité conventionnelle.
- Vérifier que l’entreprise relève bien de la convention collective ECLAT, IDCC 1518.
- Identifier la date d’ancienneté retenue, y compris une éventuelle reprise.
- Compter uniquement les périodes complètes de 12 mois ouvrant droit aux points.
- Appliquer la valeur du point correcte, soit 7,23 € brut au 1er janvier 2026.
- Proratiser le montant si le salarié travaille à temps partiel.
- Afficher la prime sur une ligne distincte du bulletin de paie.
Les erreurs les plus fréquentes viennent d’un oubli du déclenchement après 12 mois, d’un mauvais nombre de points, d’une absence de proratisation ou d’une prime intégrée sans détail dans le salaire brut. Pour un contrôle rapide, le calcul doit toujours pouvoir être reconstitué avec trois informations : ancienneté acquise, points dus et valeur du point appliquée.







