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Congé maternité : qui paie, ce que l’employeur doit faire et quand le contrat reprend

Absences et arrêts Par Nadia Berthelot Mis à jour le 6 septembre 2026
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Le congé maternité suspend le contrat de travail, mais il ne suspend ni la protection de la salariée ni les obligations de l’employeur. Pour l’entreprise, l’enjeu est simple : gérer la paie, respecter les délais et sécuriser le retour au poste.

Le congé maternité suspend le contrat, pas les responsabilités de l’employeur

Pendant le congé maternité, la salariée n’exécute plus son travail et le contrat est suspendu. L’employeur ne verse donc pas automatiquement le salaire habituel, sauf si une convention collective, un accord d’entreprise ou le contrat de travail prévoit un maintien de salaire.

Cette suspension ne permet pas de traiter l’absence comme une absence ordinaire. Le départ en congé maternité ne peut pas être refusé. Le congé comporte une durée légale, avec une période prénatale et une période postnatale. Pour une naissance simple, la référence courante est de 16 semaines, soit 6 semaines avant la date de l’accouchement et 10 semaines après l’accouchement.

Il existe aussi des périodes d’interdiction d’emploi. La salariée doit bénéficier d’au moins 8 semaines au total avant et après l’accouchement, dont 6 semaines après l’accouchement minimum. Ces règles protègent la santé de la mère et de l’enfant et fixent un cadre clair pour l’employeur.

Avant le départ : informer, aménager et préparer les justificatifs

La salariée informe, l’employeur organise

La salariée informe son employeur de sa grossesse et des dates prévisionnelles de congé, souvent par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise contre récépissé. Dès cette information, l’entreprise doit anticiper l’absence sans chercher à la refuser ni à la reporter.

Le rôle des RH consiste à vérifier les dates, organiser le remplacement éventuel, identifier la convention collective applicable et préparer les éléments nécessaires à la paie. Un oubli fréquent consiste à attendre le dernier moment pour traiter l’attestation de salaire, alors que ce document conditionne le versement des indemnités journalières.

Les absences médicales et l’aménagement du poste

La salariée enceinte bénéficie d’autorisations d’absence pour les examens médicaux obligatoires liés à la grossesse. Ces absences ne doivent pas entraîner de perte de rémunération lorsqu’elles relèvent du cadre légal applicable.

L’employeur peut aussi être amené à aménager temporairement le poste ou à affecter la salariée à un autre emploi lorsque son état de santé ou les risques du poste le justifient. L’objectif est de concilier continuité de l’activité et protection médicale. Horaires, exposition, déplacements, port de charges ou contraintes physiques doivent être examinés avec attention, puis adaptés si nécessaire.

Qui paie pendant le congé maternité ? IJ, maintien de salaire et subrogation

La rémunération pendant le congé maternité repose principalement sur les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, sous conditions d’ouverture de droits. L’employeur intervient surtout en transmettant l’attestation de salaire et en appliquant, le cas échéant, un complément conventionnel.

Élément Qui intervient ? À retenir
Indemnités journalières maternité Sécurité sociale Elles remplacent tout ou partie du salaire pendant l’arrêt, selon les droits de la salariée.
Attestation de salaire Employeur Elle est indispensable au calcul et au versement des IJ.
Complément de salaire Employeur, si un texte le prévoit Il dépend notamment de la convention collective, d’un accord ou du contrat.
Subrogation Employeur et Sécurité sociale L’employeur maintient le salaire et perçoit directement les IJ à la place de la salariée.

Le maintien de salaire n’est pas toujours automatique

L’employeur doit distinguer trois situations : aucune obligation de maintien hors IJ, maintien partiel ou maintien total. Cette différence dépend surtout de la convention collective, parfois plus favorable que la loi ou que le contrat de travail.

Le service paie doit comparer les indemnités journalières, le salaire habituel et les règles conventionnelles. Lorsque la subrogation est mise en place, la salariée continue généralement à percevoir un paiement de l’employeur, tandis que l’entreprise récupère les IJ. Sans subrogation, les IJ sont versées directement par l’Assurance Maladie à la salariée.

Protection contre le licenciement et gestion de l’absence

Le congé maternité ouvre une protection renforcée contre le licenciement. Pendant le congé, l’employeur ne peut pas rompre le contrat en raison de la grossesse ou de l’absence liée à la maternité. La protection couvre aussi des périodes proches du congé, notamment les 10 semaines suivant le congé maternité ou les congés payés pris immédiatement à l’issue.

Une rupture reste seulement envisageable dans des hypothèses très encadrées, étrangères à la maternité, comme une faute grave non liée à l’état de grossesse ou une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif indépendant. Dans les faits, toute décision doit être documentée avec prudence.

La bonne pratique consiste à conserver une traçabilité neutre : dates reçues, attestation transmise, règles conventionnelles appliquées, échanges sur l’organisation du retour. Cela évite de mélanger contraintes opérationnelles et droits protégés.

Au retour : poste, visite médicale et rattrapage salarial

Réintégrer la salariée dans son emploi ou un poste similaire

À l’issue du congé maternité, la salariée doit retrouver son précédent emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente. Le congé maternité est pris en compte pour les droits liés à l’ancienneté, ce qui évite toute rupture artificielle dans le parcours professionnel.

L’entreprise doit aussi organiser la visite médicale de reprise dans les 8 jours. Cette étape permet de vérifier l’aptitude au poste et, si nécessaire, d’envisager des adaptations avec le médecin du travail.

Ne pas oublier l’entretien et l’évolution salariale

Le retour donne lieu à un entretien de parcours professionnel. Ce moment permet de faire le point sur les missions, les besoins d’adaptation, les perspectives et l’organisation après l’absence.

L’employeur doit également garantir l’évolution salariale applicable. Si des augmentations générales ou individuelles comparables sont intervenues pendant l’absence, un rattrapage salarial peut être nécessaire. C’est un point sensible en paie, car un oubli crée une inégalité difficile à justifier.

Enfin, certains cas particuliers peuvent prolonger ou modifier le calendrier : grossesse pathologique, accouchement prématuré, hospitalisation de l’enfant, congé parental d’éducation ou demande de rupture pour élever son enfant. À partir du 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance est également prévu, avec une indemnisation annoncée à 70 % du salaire net puis 60 % du salaire net selon les périodes concernées. Pour l’employeur, la règle reste la même : vérifier le texte applicable, documenter la situation et sécuriser chaque étape.